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Piratage informatique : faux morts et faux bébés en quelques clics

Rien de plus facile que d'arnaquer les sociétés d'assurance-vie ou les caisses d'allocations familiales, selon un expert australien.

«Je vais vous tuer». Tel est le nom d’un atelier présenté par le spécialiste australien de sécurité informatique, Chris Rock, au salon «Def Con» de Las Vegas (Nevada, Etats-Unis), qui se tient jusqu’à ce dimanche.

A l’occasion de cette convention qui rassemble chaque année des spécialistes des questions liées à toutes les formes de piratage informatique, Chris Rock explique comment devenir facilement «tueur en ligne» et faire ainsi passer pour mort quelqu’un de bien vivant. «C’est un problème mondial», souligne celui qui s’est penché sur la question après qu’un hôpital australien a fait une erreur et déclaré pour morts 200 patients. Les «victimes» peuvent ignorer le problème jusqu’à ce qu’une démarche administrative comme un renouvellement de passeport les confronte à d’innombrables difficultés.

De nombreuses escroqueries possibles

Pour qu’une personne soit administrativement morte de manière officielle, il faut un certificat de décès. Afin de l’obtenir un docteur et une entreprise de pompes funèbres doivent remplir un formulaire. Un apprenti «assassin» peut facilement emprunter l’identité d’un docteur grâce à son seul nom, son adresse et son numéro de licence, disponibles sur internet. Avec des registres accessibles en ligne, il est facile d’inventer une cause de décès en utilisant un langage médical approprié tout en évitant des termes ou des détails qui éveilleraient les soupçons des autorités et justifieraient une autopsie.

Concernant l’identité d’un responsable d’entreprise de pompes funèbres, là encore, tout est en ligne. L’expert australien a même créé un site internet pour une entreprise de pompes funèbres inventée de toutes pièces et qui lui permet d’obtenir le certificat nécessaire.

Une fois ces quelques procédures accomplies, n’importe qui peut se retrouver «officiellement» mort. «Vous pouvez tuer qui vous voulez, affirme Chris Rock à l’issue de sa présentation. Personne n’est épargné.» Il est ainsi envisageable de se tuer soi-même pour obtenir la prime d’une assurance-décès.

La même démarche fonctionne pour faire naître des gens qui n’existent pas. Obtenir un certificat de naissance est encore plus facile qu’avoir un certificat de décès, car cela n’implique que la participation d’un obstétricien et des parents. Le temps que ces bébés virtuels atteignent l’âge adulte, les pirates informatiques auront pu les utiliser pour obtenir des prêts, des allocations familiales, voire pour ouvrir des comptes en banque.

Source :

Le Parisien.fr
Société, dimanche 9 août 2015

 

 

 

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